À savoir

  • Le cancer est l’une des principales causes de décès dans le monde. Le cancer fait environ 10 millions de morts par an. 

  • Le terme « cancer » désigne un groupe de maladies pouvant toucher n'importe quelle partie de l’organisme. Elles se caractérisent par une multiplication rapide de cellules anormales à la croissance inhabituelle, qui envahissent ensuite d'autres parties de l’organisme.

  • Les types de cancer les plus courants sont les cancers du sein, du poumon, du côlon et du rectum, de la prostate, de l'estomac et de la peau.

  • Plus de 30 % des cancers sont évitables. Les facteurs de risque du cancer sont le tabac, l'obésité, la sédentarité, les infections, l'alcool, la pollution environnementale, les agents cancérigènes professionnels et les rayons UV. 

  • Il est possible de prévenir et de combattre le cancer en appliquant des stratégies reposant sur des données probantes en matière de prévention, de dépistage et détection précoce, de traitement et de soins palliatifs.

Qu’est-ce que le cancer ?

Le terme « cancer » désigne un groupe de maladies pouvant toucher n'importe quelle partie de l’organisme. On parle aussi de tumeurs malignes et de néoplasmes. Le cancer se caractérise par une multiplication rapide de cellules anormales à la croissance inhabituelle, qui envahissent ensuite d'autres parties de l’organisme, à travers un processus appelé métastase. L'une des principales causes de décès par cancer est la formation par ces cellules anormales d'amas dans nos organes vitaux.

Le cancer tue 10 millions de personnes par an. Bien qu'il existe des différences entre les régions et les sexes, les principaux types de cancer sont les suivants :

  • Cancer du sein (2,26 millions de cas et 685 000 décès en 2020)

  • Cancer du poumon (2,21 millions de cas et 1,8 millions de décès)

  • Cancer colorectal, y compris cancer de l’intestin (1,93 millions de cas et 935 000 décès)

  • Cancer de l’estomac (1,09 millions de cas et 769 000 décès)

  • Cancer du foie (906 000 cas et 830 000 décès)

  • Cancer de la prostate (1,41 millions de cas et 375 000 décès)

  • Cancer de la peau (non-mélanome) (1,20 millions de cas et 57 000 décès)

Quels sont les facteurs de risque du cancer ?

Les cancers sont causés par une multitude de facteurs. Toutefois, entre 30 et 50 % des cancers peuvent être évités grâce à des stratégies visant à réduire les facteurs de risque comportementaux et alimentaires.

Le tabagisme est responsable d'environ 22 % des décès par cancer. Le tabac est fumé ou mâché, mais il est lié à de nombreux autres cancers que ceux du poumon ou de la bouche. Le tabac contient au moins 80 agents cancérigènes différents et constitue un facteur de risque majeur pour plus de 20 types de cancers et de maladies cardiovasculaires et respiratoires. Plus de 80 % des 1,3 milliard de fumeurs dans le monde vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire.

La consommation d'alcool, même modérée, peut augmenter le risque d'au moins six types de cancers, dont le cancer de l'intestin (colorectal), du sein, de la bouche, du pharynx et du larynx (bouche et gorge), de l'œsophage, du foie et de l'estomac. On estime que l'alcool a été à l'origine de 4 % de tous les cas de cancer survenus en 2020.

La mauvaise alimentation et la nutrition, ainsi que les aliments que nous consommons sont étroitement liés à certains cancers. Il existe des preuves solides montrant que la consommation de viandes transformées telles que le jambon, le bacon, le saucisson et les saucisses peut provoquer un cancer de l'intestin. Alors que les régimes alimentaires riches en viande rouge, en sel ou en sucres sont des facteurs de risque pour certains cancers et une série de maladies non transmissibles.

La surcharge pondérale et l'obésité, qui se traduisent par un excès de poids dans le corps, sont liées à un risque accru de développer 12 cancers. Parmi ceux-ci : les cancers de l’endomètre, du sein, de l’ovaire, de la prostate, du foie, de la vésicule biliaire, du rein et du côlon.

Certaines infections sont plus susceptibles de déboucher sur un cancer, car les virus peuvent apporter des modifications à une cellule qui peut devenir cancéreuse. Parmi celles-ci, les infections au papillomavirus humain (HPV), qui sont à l'origine d'environ 70 % des cancers du col de l'utérus. Le cancer du foie et le lymphome non hodgkinien peuvent également être causés par le virus de l'hépatite B (VHB) et de l'hépatite C (VHC).

D'autres facteurs de risque modifiables sont liés à l'environnement qui nous entoure et à nos lieux de travail. Il s'agit notamment de la pollution de l’air, de l'exposition à des sources de rayonnement d'origine humaine et de l'exposition prolongée aux rayons ultraviolets du soleil et des lits de bronzage, qui peuvent également entraîner des mélanomes et des tumeurs malignes de la peau.

En plus de ces risques modifiables, le risque de cancer est également lié à la génétique et à l'âge. En effet, plus une personne vit longtemps, plus elle a de chances d'avoir été exposée à des agents cancérigènes et plus les mutations génétiques peuvent se produire dans ses cellules.

Comment prévenir le cancer ?

Créer des environnements et des sociétés qui permettent aux gens d'adopter plus facilement des comportements plus sains et de prévenir les cancers est la chose la plus importante que nous puissions faire pour réduire la charge mondiale des cancers. Il s'agit notamment de réduire les expositions aux facteurs de risque tels que le tabac, l'obésité, la sédentarité, les infections, l'alcool, la pollution environnementale, les agents cancérigènes professionnels et les rayons UV. Le déploiement de programmes de vaccination des populations vulnérables contre le VHB et le VPH est également essentiel.

La réduction de l'exposition à d'autres agents cancérigènes tels que la pollution environnementale, les agents cancérigènes professionnels et les rayonnements pourrait contribuer à prévenir la charge mondiale du cancer.

Prise en charge du cancer

L'amélioration de l'accès à des soins de qualité contre le cancer, y compris le dépistage, la détection précoce, le traitement et les soins palliatifs, est un élément essentiel de l'amélioration de la qualité de vie des personnes vivant avec le cancer et de leur entourage, dans le but de réduire la mortalité mondiale due au cancer dans la plupart des cas.

Dépistage, détection précoce et traitement

Lorsqu'il est détecté à un stade précoce, le cancer a plus de chances de répondre au traitement, ce qui se traduit par des chances de survie accrues, moins de morbidité et un traitement globalement moins coûteux. C’est également très positif pour la santé mentale des personnes vivant avec le cancer. Les programmes qui dépistent les patients en fonction de l'âge et des facteurs de risque sont des interventions essentielles. Par exemple, bon nombre des cancers à fort impact les plus répandus - cancer du sein, du col de l'utérus, de la bouche et colorectal - se prêtent à une détection précoce abordable et accessible par le biais du dépistage, avec des taux de guérison élevés si le diagnostic est posé à un stade précoce et qu'un traitement approprié est fourni.

Le traitement du cancer comprend une série d'interventions, dont le soutien psychosocial, la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie, visant à guérir la maladie ou à prolonger considérablement sa vie tout en améliorant la qualité de vie des patients.

Soins palliatifs

Les soins palliatifs sont des traitements/soins dispensés aux patients pour soulager leur douleur ou leur souffrance, leur donner plus de confort au lieu d'essayer de les guérir. Souvent dispensés dans les derniers stades du cancer, les soins palliatifs offrent aux personnes une meilleure qualité de vie, pour elles-mêmes et leurs proches.

L'accès à la prise en charge de la douleur est un besoin humanitaire urgent dans le monde entier pour les enfants et les adultes atteints de cancers avancés. Selon la Worldwide Hospice Palliative Care Alliance, moins de 10 % des besoins globaux en soins palliatifs sont satisfaits dans le monde.

Ecart dans la prise en charge du cancer

Les inégalités d'accès à ces services vitaux existent dans toutes les régions du monde. Les principaux facteurs d'écart dans la prise en charge du cancer sont le revenu, l'éducation, le lieu de résidence et la discrimination fondée sur des facteurs tels que l'origine ethnique, la race, le genre, l'orientation sexuelle, l'âge, le handicap et le mode de vie.

 
 

Qui plus est, les groupes les plus défavorisés sont plus susceptibles d'être exposés à des facteurs de risque de cancer tels que le tabac, les régimes alimentaires malsains et les risques environnementaux.

L'Union internationale contre le cancer (UICC), organisation fondatrice de l'Alliance NCD, célèbre la Journée mondiale contre le cancer le 4 février de chaque année. En 2022, cette organisation invite tout le monde à jouer un rôle dans la création d'un monde sans cancer dans le cadre de la campagne « Pour des soins plus justes », qui vise à comprendre et à reconnaître les iniquités en matière de prise en charge du cancer dans le monde.

Politiques de réduction de la charge du cancer

La Déclaration mondiale sur le cancer invite les chefs de gouvernement et les responsables des politiques de santé à réduire considérablement la charge mondiale du cancer, à promouvoir une plus grande équité et à intégrer la lutte contre le cancer dans le programme mondial de santé et de développement.

Sous la houlette de l'UICC, elle fixe neuf objectifs à atteindre d'ici 2025, qui s'alignent sur l'ambition mondiale d'une réduction de 25 % de la mortalité prématurée due aux MNT dans le même délai.

Il s’agit notamment de :

  • Plans nationaux de lutte contre le cancer (PNLC) qui identifient les priorités nationales et toutes les activités qui auront lieu pour assurer la prévention et la maîtrise des cancers et la manière dont les organisations de la société civile, les universitaires, les agences des Nations Unies, les bailleurs de fond internationaux et les organisations appropriées du secteur privé seront impliqués pour y parvenir.

  • Programmes de lutte contre le tabagisme, qui visent à réduire la consommation de produits du tabac par le biais de taxes, d'espaces publics non-fumeurs, de réglementations sur le conditionnement neutre et la publicité, ainsi que de limites d'âge légales pour la consommation de tabac.

  • Promotion d'une alimentation saine pour réduire le nombre de personnes obèses ou en surpoids par la taxation des boissons sucrées, des interdictions de commercialisation et l'étiquetage à l’avant des emballages.

  • Programmes de vaccination contre l'hépatite B et le papillomavirus humain en vue de réduire la prévalence des cancers associés à ces maladies.

  • Initiatives de détection précoce du cancer qui sont bien financées et travaillent avec différents partenaires pour améliorer la sensibilisation aux différents signes et symptômes des cancers courants, tout en investissant dans le dépistage et le diagnostic.

  • Améliorer l'accès aux médicaments et aux technologies essentiels afin que chaque patient atteint d'un cancer ait accès à un dépistage, un traitement et une prise abordables et efficaces - y compris pour les soins palliatifs.

Sources :

World Health Organization (WHO) Cancer Fact Sheet [Consulté en janvier 2022]

International Agency for Research on Cancer [Consulté en janvier 2022]

World Cancer Day an initiative of the Union for International Cancer Control (UICC) ‘Understanding Cancer’ [Consulté en janvier 2022]

UICC. Thematic Areas of work. [Consulté en janvier 2022]

World Cancer Research Federation. [Consulté en janvier 2022]