Réunion de haut niveau des Nations unies sur le VIH/sida : faire avancer les soins intégrés pour les personnes vivant avec le VIH
La réunion de haut niveau (RHN) des Nations unies (ONU) sur le VIH/sida de 2026 s'est déroulée dans un contexte marqué par des réductions sans précédent du financement mondial de la santé, une pression croissante sur les systèmes de santé et des débats en cours sur l'avenir de l'architecture de la santé mondiale. La Déclaration politique a finalement été adoptée par vote plutôt que par consensus, ce qui reflète des divisions géopolitiques plus larges sur des questions telles que les droits de l’homme, l’égalité des sexes et la coopération internationale.
Plus de six mois après l’adoption de la Déclaration politique des Nations unies sur les maladies non transmissibles (MNT), la santé mentale et le bien-être, la Réunion de haut niveau a également marqué une étape importante dans le renforcement de la collaboration entre les communautés travaillant dans les domaines du VIH, des MNT, de la santé mentale et des soins de santé primaires. Tout au long des négociations et de la réunion elle-même, il est apparu de plus en plus clairement que la préservation des progrès réalisés dans la lutte contre le VIH dépendra de systèmes de santé plus solides, intégrés et centrés sur les personnes, capables de répondre aux réalités des personnes vivant avec le VIH.
Soins de santé primaires et soins intégrés : d’une priorité de plaidoyer à un engagement politique
Du point de vue de l’Alliance sur les MNT, le résultat le plus marquant a été la reconnaissance, tout au long de la Déclaration politique, du fait que les personnes vivant avec le VIH ont de plus en plus besoin de soins intégrés tout au long de leur vie.
La déclaration reconnaît le fardeau croissant que représentent les MNT, les troubles de santé mentale et d’autres comorbidités chez les personnes vivant avec le VIH, tout en soulignant la nécessité d’une prise en charge intégrée des comorbidités, d’un vieillissement en bonne santé et d’un soutien psychosocial (paragraphe 29). Elle engage également les pays à intégrer les services liés au VIH au sein des soins de santé primaires et des systèmes de santé au sens large, en incluant explicitement les MNT et la santé mentale (paragraphe 53), et maintient la référence à la Déclaration politique de 2025 sur les MNT, la santé mentale et le bien-être (paragraphe 4), créant ainsi un lien important entre les deux réunions de haut niveau.
Ces résultats reflètent étroitement les priorités défendues par l’Alliance sur les MNT en collaboration avec ses partenaires dans les domaines du VIH, de la santé mentale, des soins de santé primaires et des communautés. Au cours de l’année écoulée, cette collaboration a donné lieu à des priorités communes en matière de plaidoyer, a soutenu les révisions successives de la Déclaration politique et a conduit au lancement de Plaidoyer en faveur de réponses intégrées au VIH, aux maladies non transmissibles et à la santé mentale : une boîte à outils pour la Réunion de haut niveau des Nations Unies sur le VIH/sida de 2026. Même si un renforcement de la responsabilisation en matière de mise en œuvre aurait été souhaitable, la réunion de haut niveau a marqué un tournant important : les services intégrés de lutte contre le VIH, les MNT et la santé mentale sont de plus en plus reconnus comme essentiels pour l’avenir de la riposte au VIH.
Architecture de la santé mondiale : l’intégration comme réponse à l’évolution des réalités
L’évolution du paysage sanitaire mondial a occupé une place prépondérante tout au long de la réunion de haut niveau. Alors que le financement international de la lutte contre le VIH subit des pressions croissantes, les États membres ont insisté à plusieurs reprises sur la durabilité, l’appropriation par les pays, les soins de santé primaires et le renforcement des systèmes de santé.
Pour la communauté des MNT, ces discussions ont renforcé un message central : l’intégration n’est pas simplement une bonne pratique, mais une réponse essentielle à la multimorbidité, à l’évolution démographique et aux ressources limitées. Alors que les discussions sur l’architecture de la santé mondiale se poursuivent, le renforcement de systèmes de santé intégrés et pilotés par les pays sera essentiel pour préserver les progrès en matière de lutte contre le VIH tout en répondant au fardeau croissant des MNT et des troubles de santé mentale. Consultez ici pour en savoir plus sur la position politique de la NCDA concernant la réforme de la santé mondiale.
De l’engagement politique à la mise en œuvre
La réunion de haut niveau sur le VIH de 2026 a montré à quel point le débat a évolué. Il y a quelques années à peine, les défenseurs plaidaient encore pour la prise en compte des MNT et de la santé mentale dans la riposte au VIH. Aujourd’hui, les soins intégrés sont fermement ancrés dans le cadre politique mondial de lutte contre le VIH.
Le défi réside désormais dans la mise en œuvre. Alors que les pays commencent à mettre en œuvre les déclarations politiques sur le VIH et les MNT, et que les préparatifs s’engagent pour la réunion de haut niveau des Nations unies sur la couverture sanitaire universelle en 2027, la priorité doit être de traduire ces engagements en systèmes de santé intégrés et centrés sur la personne, qui améliorent les résultats sanitaires tout au long de la vie.
Lesley Odendal est une consultante indépendante en santé mondiale, spécialisée dans le plaidoyer sur le VIH, l'engagement communautaire et les politiques de santé. Elle a apporté son soutien à l'Alliance sur les MNT dans le cadre de la réunion de haut niveau des Nations unies sur le VIH/sida de 2026.
En tant que responsable de politiques et plaidoyer au sein de l’Alliance sur les MNT, basée à New York, Marijke est chargée des questions relatives aux politiques de financement et au plaidoyer auprès des Nations unies. Avant de rejoindre l'Alliance sur les MNT, Marijke a travaillé dans les domaines de la paix et de la sécurité internationales ainsi que des droits de l'homme, notamment sur les questions de genre et le programme « Femmes, paix et sécurité » (WPS), la prévention des atrocités de masse et la protection des civils en situation de conflit. Elle a également travaillé dans le domaine de l'aide juridique et de la défense des réfugiés et des demandeurs d'asile au Cap, en Afrique du Sud. Marijke est titulaire d'une licence en sciences politiques de l'université du Michigan et d'un master en droits de l'homme de l'université de Columbia.